Il y a des journées qui sont comme plusieurs enchainées. Ce samedi-là a ressemblé à un puzzle, plutôt gai, et drôle, et chaleureux, et amical. Une longue journée aux diverses couleurs, de celles qui vous voient vous coucher fatiguée mais contente de les avoir vécues.

Levée tôt pour foncer dans mon M*n*prix habituel afin de remplir mon pauvre frigidaire qui criait famine. J’arpente les allées au pas de charge. Parcours connu des jours pressés : on ne s’attarde pas, on connaît l’emplacement des rayons. J’espère qu’ils n’auront pas eu l’idée géniale d’une restructuration hier, je veux pouvoir attraper mon paquet de café les yeux fermés, le jeter fissa dans mon panier, et passer au suivant ! Sourire aux lèvres car la voix suave et mélodieuse du haut-parleur déverse sur les clients matinaux une mélopée promotionnelle pour le moins croquignolette et enchaine sans marquer le moindre temps d’arrêt des informations sans suite : les crevettes décortiquées de Madagascar sont arrivées fraiches ce matin (moi après 12 heures d’avion, je ne suis pas spécialement fraiche… mais il est vrai que je n’ai rien d’une crevette) et sont vendues exceptionnellement à un prix défiant toute concurrence, les petits-suisses aux arômes de tout et n’importe quoi P’tits Voyous sont 36 ou 72 ou je ne sais combien et valent bien un steak (?), le préservatif Machinchose décuple le plaisir des deux partenaires car nervuré pour lui, rainuré pour elle (ou le contraire), et protège aussi des MST merci, le détergent Untel est vendu par lot de 4 et nettoie tout du garage à la salle de bains… La litanie est sans fin, sans queue ni tête, et laisse de marbre la petite mamie qui me demande d’attraper pour elle le paquet de biscotte le plus haut perché. Je n’ai plus envie de rire du tout quand je vois ce gros monsieur sale palper consciencieusement TOUS les pains de sa main aux ongles noirs avant de choisir enfin le sien; il me regarde d’un œil torve et muet quand je lui fais remarquer la pince prévue à cet effet… (* me rappeler de NE PLUS JAMAIS acheter de pain à M*n*prix…).

Je file nourrir mon frigidaire content avec le contenu de mon panier dûrement gagné et fonce à une réunion boulot, exceptionnelle en ce samedi, mais il y a en ce moment à Paris des rencontres professionnelles où je me dois de faire une apparition.

12h30, telle le lapin d’Alice, je suis en retard, je suis en retard, trottine boulevard du Montparnasse pour rejoindre une tablée de blogueurs dans le jardin caché d’un restaurant libanais. Il y a quelques têtes déjà connues, d’autres regards rieurs derrière lesquels je devine les mots que je lis quotidiennement, certains inattendus, d’autres si ressemblants. D’autres que je ne connais pas encore. C’est chaleureux et bruyant et gai. Certains arborent des signes de reconnaissance à leur effigie bloguesque : un oiseau de plume en broche sur la jolie robe de Fauvette, quelques pralines ensachées pour devinez-qui, des théïères qui dansent aux oreilles de Taïan-Akita, un hérisson accompagne Kipik… D’autres ont des badges plus traditionnels avec quelques indices pour les identifier : des bretonnes identiques pour deux des quatres sœurs, mes « payses », et un thème similaire pour moi d’ailleurs....

badge

Je suis très contente d'avoir enfin le temps de papoter avec Nawal que je n’ai souvent fait que croiser à nos pourtant fréquentes rencontres paris-carnetteuses. Elle fait assaut de photographies culinaires avec une autre blogueuse cuisinière, Penglobe, dont je ne connaissais que le récit alléchant d’un dîner dans un grand restaurant basque. Valclair a toujours le sourire et l’œil pétillants et Pralinette et Bonaventure (la grande ordonnatrice de ce déjeuner) rivalisent de rires et de chaleur. Certain(e)s sont venus avec de petits cadeaux : graines de palmiers bretonnes (si, si), bougies jolies, bêtises qui se mangent et marque-pages colorés… Nous n’aurons pas le temps de parler à chacun mais comme chaque fois que je rencontre « en vrai » des blogueurs, je me dis que j’ai eu une sacrée riche idée le jour où je me suis décidée à faire partie de ce monde-là, qui m’enrichit chaque jour de rencontres, de mots, d’émotions… J’ai la chance d’en avoir d’autres en perspective : un pique-nique demain (si j’arrive à me lever), un Paris-Carnet en terrasse la semaine prochaine (c’est le jour de la ½ finale France/Portugal, il y a un écran à O’Cantina, Nawal ?…), du théâtre avec Fauvette vendredi prochain, un week-end au vert au mois d’août…et peut-être encore un peu d’opéra. Qui dit mieux ?!

Je suis si bien que je traîne et tarde à m’en aller pour retrouver la conférence de l’après-midi à laquelle je dois assister. Pourtant ce sera très intéressant et fructueux en rencontres également.

Course et métro brûlant dans un sens (j’ai bien fait de prendre mon éventail). Douche fraiche, robe légère. Course et métro dans l’autre sens. J’arrive à temps pour assister au dîner d’une adorable Lou de 8 mois qui ressemble incroyablement à son papa et avec qui je vais partager rires et câlins, quel amour ! Dîner avec de chers amis retrouvés, avec en fond sonore le son bruissant de la rue au rythme du match qui se joue, dont nous essayons de deviner le score au gré de l’intensité des exclamations et soupirs entendus… Nous nous retrouvons régulièrement sur le petit balcon qui surplombe Paris, regardant le spectacle offert par les voisins réunis dans plusieurs salons de l’immeuble d’en face, que nous sentons et voyons vibrer et bondir, anxieux ou joyeux, jusqu’aux klaxons et fusées de la fin, qui ne cesseront pas de toute la nuit sans doute, empêchant la pauvre chipette de dormir…

Retour à pied, il y a foule dans la rue encore. C’est gai. Châtelet/Belleville à trois heures du matin en petites tongs or… Périple fatigué conclusion d'une jolie journée. Je crois que je vais faire la grasse matinée demain, moi…

Effectivement, j'émerge trop tard et trop flemmarde pour prendre le chemin du Parc Floral... Je m'en vais bruncher devant mon écran. C'est qu'hier a commencé une tournée de blogueurs que nous sommes nombreux à ne devoir manquer sous aucun prétexte. Il faut que je me mette au boulot, d'abord en me replongeant dans mon petit Dotclear illustré pour me rappeler comment on met un logo là-haut à gauche. J'y vais de ce pas...

Tournée des blogueurs