Il y a quelques jours, Vroumette mettait en ligne des photos de son intérieur, notamment de très beaux dessins de phares des zozos. Et je me suis dit que c'était une fort jolie idée, à copier. De toute façon, maintenant c’est très clair, je fais TOUT absolument comme Vroumette, grande prêtresse des leçons de séduction, gourou vénéré de la secte du Slip Filet, lequel va prochainement devenir l’accessoire trendy indispensable à toute fashionista, même qu’on en parlera dans Elle ou sur le blog de filles d’Hélène, et que Madonna montera les marches du prochain festival de Cannes, simplement vêtue d’un slip-filet, de cuissardes et d’une cape, tel que c’est parti, mon kiki.

Mais revenons à mes moutons, donc aux photos de mon intérieur. Il se trouve – pour ceux à qui cela aurait échappé, et comme mon nom l’indique – que je suis bretonne, exilée à Paris depuis belle lurette, et qu’il m’arrive parfois d’avoir le mal du pays. J’ai donc chez moi de menus accessoires, photos, bibelots, tableaux qui me rappellent avec bonheur ma région natale, et que j’ai tous rassemblés… dans mes toilettes. Que ceux qui seraient tentés de faire une analyse psychanalytique subtile de ce choix d’emplacement me lâchent la grappe, merci.

Cette pièce essentielle de mon appartement fait très exactement 1 mètre carré, si je me réfère au relevé des surfaces habitables établi selon la loi Carrez par un architecte dplg urbaniste, et qui m’a été remis lorsque j’ai acheté mon doux logis.

Je m’en vais donc vous faire une description détaillée de ce mini lieu d’aisance, lequel remporte un franc succès auprès de mes invités, qui consacrent pas mal de temps à sa visite en général, parce qu’il y a de quoi s’occuper à l’intérieur, vous allez comprendre.

A l’intérieur de la porte, pour commencer, une carte de Bretagne, évidemment, plus quelques vues de plage.

carte

plage

Côté ouest, (logique) un mur sur lequel courent anarchiquement quelques tuyaux d’arrivée d’eau, où sont rassemblés divers tableaux, photos, cartes postales (envoyées par mes neveux pour la plupart, ils adorent contribuer à cette déco), des paniers de pêche, un bateau itou, un collier de coquillages, des aquarelles de ma maman (je lui ai même chipé pour les encadrer des bouts de papier sur lesquels elle fait juste des recherches de couleurs – la teinte de la mer par chez nous est subtile et délicate à restituer), des publicités pour les produits Malo (dont les yaourts, que j’ai le bonheur de trouver dans mon Monop’ habituel, ne sont pas donnés mais les meilleurs du monde, alors…), les marins de Mathurin Méheut dont un simple trait de crayon m’émeut, des mini-baigneuses, des cabines de plage, quelques Bécassines, des Lisettes à la pêche aussi.... en vue d'ensemble, ça donne ça (et encore, tout ne tient pas) :

Mur ouest

Et quelques vues de détails :

mur ouest

Bécassine et Lisette

pubs Malo

aquarelle

Bécassine

bateau pêche

Marins Mathurin Méheut

photo baigneuses

Sur le mur nord, sous la fenêtre, une affiche d'une expo du Muséum d'Histoire Naturelle il y a quelques années qui s'intitulait "Iles, vivre entre ciel et mer". Dans mon souvenir, l'expo était beaucoup moins bien que l'affiche... Il y a aussi un petit phare, un galet poli et gris, des coquillages prisonniers d'un carré de ciment (acheté dans une galerie de Concarneau si mes souvenirs sont bons), une beauté début de siècle figurant la reine des mers, au moins, et une publicité pour les sardines La Belle-Iloise (les meilleures !).

Iles

carré coquillages

Belle Iloise

Par terre, encore un panier de pêche bleu, avec des petits azulejos rapportés de Lisbonne, ville dont je suis amoureuse, et un livre de Sempé (comme l'écrit Anna Gavalda dans "Ensemble, c'est tout", dans la vie il y a ceux qui aiment Sempé, et il y a les autres...)

Beau temps

Si, on lève la tête, bien sûr il y a un goéland, le pauvre a malheureusement assez peu d'espace pour battre des ailes...

goéland

A l'est, il y avait un renfoncement de guingois dans lequel j'ai installé (avec mes petites mains, ma perceuse, tout ça) des étagères découpées sur mesure (au prix de battements de cils et d'un air de Calimero désespéré auprès du service découpe du BHV : ils n'ont théoriquement pas le droit de faire des découpes en biais, pour des raisons de sécurité, et je me voyais mal m'y coller à la main pour les 8 étagères qui escaladent mon mur...). C'est là que je range mes guides de voyage, les méthodes de langue, les guides de Paris, certains classiques, d'autres moins. J'aime bien le "Guide de l'autre Paris" de Christophe Bourseiller, notamment. J'y mets aussi des bouquins-témoignages sur mon quartier que j'achète dans ma librairie préférée "Le Genre Urbain", ouverte le dimanche, en haut de ma rue : "Jours tranquilles à Belleville" de Thierry Jonquet, qui habite un peu plus loin, "Babel-Ville", de Joseph Bialot, qui dressent tous deux un constat amer sur ce qu'est devenu le Belleville populaire d'autrefois...

C'est là aussi que je range mes livres de cuisine (je n'avais pas la place ailleurs), mes dictionnaires de citations, homéopathiques, etc... qui côtoient heureusement un petit phare encore égaré là.

livres

phare

C'est ici la maison de Jim, qui se plait dans cet environnement marin, et qui fait la causette à sa copine Ginette qui lézarde en maillot de bain à côté de lui. "Ginette de la Côte d'Azur" c'est le nom de ma cantoche quand j'habitais dans le 18è, j'y vais moins maintenant. On y mange d'excellents tartares coupés au couteau dans une ambiance et un cadre sympas, et jusqu'à 2 heures du matin. Tiens ça fait longtemps que je n'y suis pas allée, ça me manque... Jim a déménagé provisoirement, il est en villégiature dans l'aquarium où il sympathise avec Léon le poisson nettoyeur. Photos de leurs mamours prochainement...

Jim

Un peu plus loin, il y a une autre copine de Jim, qui s'appelle Hortense (à cause des hortensias que j'aime tant), et que j'avais trouvée très ressemblante aux baigneuses de Mariano Otero, peintre d'origine portugaise et néanmoins breton... Elles, elles sont posées par terre, y'avait plus de place sur le mur. Vous noterez derrière Hortense un sachet de graines de menhir offertes par ma nièce, des graviers que l'on vous conseille de planter et d'arroser régulièrement, résultat garanti au bout de quelques siècles... et une carte postale ancienne du phare de la Tour du Jardin à Saint Malo.

Hortense

Baigneuses Mariano Otero

A l'étage du dessous, une petite Tour Solidor peinte par ma mère à ma demande, entre deux petits bateaux piqués de rouille trouvés dans le stock en dispersion d'un vieux vendeur de jouets du Finistère, un marque-page de la librairie de Dinard, la carte d'un restau cancalais et un petit coq portugais. La Tour Solidor, c'est la première chose qu'on voit au loin quand on arrive sur le barrage de la Rance, elle se tient en sentinelle à l'entrée du port de Saint Servan, et je suis toujours heureuse de la voir quand j'arrive, toujours triste de lui dire au revoir en repartant, elle est le symbole des vacances qui commencent ou qui finissent...

Solidor

Juste au-dessus d'elle, deux petits bretons signés Henriot-Quimper, l'un de porcelaine, l'autre de papier, veillent sur mes livres de recettes...

bretons

Quimper

Non loin de là, une boite géante de paté Hénaff (le rêve !) édition limitée sortie pour l'anniversaire de ce classique des entrées de repas bretons (c'est ça ou des sardines la Belle-Iloise), surveille mon petit carnet de mensonge rigolo (dans lequel il n'y a rien de marqué, je le jure !)

Hénaff

Il y a aussi des coquillages dans un aquarium avec encore quelques bateaux, et un requin-stylo dont les yeux gélatineux sortent de leurs orbites quand on lui presse le ventre (encore un cadeau de mes neveux).

aquarium

Et puis une étoile de mer, et un pompon de marin porte-bonheur...

étoile

et une mignonne bigoudène chinée chez un antiquaire, qui attend on ne sait quoi devant son menhir...

bretonne

Vous aurez noté la présence au milieu de tous ces objets "ethniques" de livres aux titres évocateurs de l'endroit où nous nous trouvons... Le "Lire aux cabinets" d'Henry Miller, qui explique d'ailleurs qu'il ne faut pas lire aux cabinets.... Le pauvre, s'il savait : j'ai vu récemment que cet ouvrage est vendu carrément chez Résonances entre les distributeurs de pq et les abattants de WC... J'ai également quelques livres pour enfants qui traitent de ce sujet hautement intéressant et qui préoccupe toujours les petits à un moment de leur vie : le caca. Ce sont en général des livres qui m'ont fait rire chez mes soeurs ou mes copains et qui m'ont été offerts, sauf le délicieux "Livre du Caca" que je viens de m'offrir et qui est une mine de renseignements ! Sinon, je vous recommande le désopilant "De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête" ou l'adorable histoire du petit lapin qui dit "Caca boudin". En général, quand j'entends mes invités se marrer pendant qu'ils sont aux toilettes chez moi, c'est qu'ils sont en train de feuilleter un de ceux-là. Vous avez aussi le merveilleux livre qui recense les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien, entre autres (je cite) : se faire des boucles d'oreille avec des cerises doubles, glisser son pied sur le côté du drap frais quand on a trop chaud au lit, ne pas marcher dans la rue sur les traits du trottoir, croquer le pain chaud en sortant d'une boulangerie... Et bien sûr : faire pipi quand on a très envie, caca aussi !

Le Livre du Caca

Moi je dis que voilà un billet qui va révolutionner la blogosphère, foi de Traou !

Caca Boudin