Juste un petit mot ici cette nuit parce que je ne dors pas et que me turlupine l'idée de ne m'être pas exprimée comme je le souhaiterais dans le billet précédent (un commentaire m'a un peu "chiffonnée", j'avoue). J'ai ouvert ce blog pour y exprimer des choses que je "m'interdis" souvent dans la vie. Certaines personnes qui m'entourent, sauf quand elles ont vécu les évènements avec moi, seraient fort surprise d'y découvrir mes chagrins ou mélancolies affichés, parce que je crois qu'ailleurs qu'ici, et sauf avec les amis très proches, je suis une sorte de roc, ou du moins j'apparais comme telle (et j'en suis assez fière, c'est con, mais bon, je suis la fille de mon père...). J'avoue même me "forcer" un peu à écrire ici des choses que je ne dirais pas car j'y trouve un recul appréciable et nécessaire sur ma vie, parce que je me "débarrasse" de certaines choses à les exprimer enfin et me sens ainsi plus légère. J'éprouve également un certain réconfort fait d'empathie (la mienne et celle des autres) à sentir que je ne suis pas seule à vivre certaines choses difficiles. Les mots de sympathie voire d'affection, si sincère et touchante - ici et sur mon mail - venus "d'inconnus" dont je sais pour les lire qu'ils n'ont pas rigolé tous les jours non plus - comme tout un chacun - me sont d'une douceur incroyable.... Et me font diablement avancer. Depuis 3 mois, j'en suis ébahie !

J'espère ne pas apparaître ici comme me "plaignant" particulièrement. Je suis tellement consciente de ce que nous traversons tous, quotidiennement et exceptionnellement, et j'espère vous faire rire aussi parfois dans mes billets parce que la vie me fait autant rire qu'elle m'a fait pleurer.

Loin de moi l'idée d'afficher un "palmarès" de souffrance, ou un barême de nos fêlures et blessures respectives. Je suis fort consciente du lot de chacun, et que le mien n'est pas plus lourd qu'un autre. J'écrirai même ici sûrement un jour sur la "chance" incroyable que je considère être la mienne. Celle d'être consciente, et d'avoir si fort envie de continuer à l'être, même au prix de griffures ou plaies parfois...

Permettez-moi seulement, dans cet espace que je me suis façonné, ce nid dont j'agence les brindilles douillettes chaque jour, de dire que oui, il y a des jours où j'ai envie de me bercer dans mes propres bras (et un peu dans les vôtres, merci...) parce que je n'en ai pas à la maison, des bras réconfortants. Et qu'il y en a tant qui me manquent. Que je ne souhaite pas me "plaindre" particulièrement, mais que parfois, nom d'un chien, il y a des trucs plus difficiles à avaler que d'autres, même si je ne considère rien comme particulièrement juste ou injuste. Ce qui est, est. Point.

Et ce qui est, et que j'accepte comme tel, c'est aussi qu'en ce moment, j'ai un fond de mélancolie (bien légère par rapport à d'autres que j'ai connues) parce que je vais prendre un an dans quelques jours, et que cette année-là éloigne encore un peu plus de moi un projet que j'avais caressé et bichonné et rêvé et failli concrétiser avec l'homme que j'aimais, il y a déjà un bail, et qu'il m'a été donné de "m'émouvoir" plutôt seule au-dessus de son cercueil qu'avec lui au-dessus d'un berceau. Et que ça me fait chier encore au coeur de certaines nuits d'insomnie de me dire que ce projet-là fait partie des souvenirs et uniquement des souvenirs. Et que ça ne fait pas que me faire chier, c'est aussi un chagrin. Et qu'il faut que j'accepte de vivre avec. Ou plutôt sans. Merde ! Bon ça y est, je l'ai dit (j'en suis débarrassée... peut-être).

J'ai l'impression d'être extrêmement maladroite à exprimer tout ça. C'était parti pour faire partie des commentaires du billet précédent, et puis... Je vais retourner me coucher, j'ai envie de dormir tout à coup, c'est bien. Bonne nuit, à demain. Il y a encore tellement de choses à dire, à écrire, à rire...